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Le Vanuatu fait face à un exode des talents : les travailleurs qualifiés de son secteur touristique partent de plus en plus vers des emplois saisonniers en Australie et en Nouvelle-Zélande. En réponse, le gouvernement a lancé de nouvelles initiatives destinées à renforcer le secteur avant la réouverture des frontières attendue en juillet.

Pour combler ce déficit, l'Office du tourisme du Vanuatu (VTO) a mis en place des dispositifs tels que des placements dans le tourisme adaptés au parcours scolaire de chacun. Un effort est également engagé pour proposer des formations aux personnes motivées mais dépourvues de qualification formelle. Les candidats peuvent actuellement s'inscrire dans l'ancien restaurant El Gecko, situé derrière l'Island Time Café à Port-Vila.

Ali Serhan, directeur général du Warwick Le Lagon, salue ces efforts du gouvernement. Il souligne toutefois un besoin plus profond : sensibiliser les jeunes générations à l'importance du tourisme pour le Vanuatu. Il rappelle l'ampleur de la contribution économique du secteur, en matière d'emploi, d'échanges et de PIB.

Fort de son expérience à la tête d'établissements Warwick au Liban, en Jordanie ou encore aux Fidji, M. Serhan insiste sur la nécessité de faire naître une génération passionnée par le tourisme, consciente du rôle déterminant du secteur dans le développement national.

Les difficultés n'en restent pas moins nombreuses. De nombreux établissements, dont Le Lagon, ont perdu des collaborateurs précieux, partis travailler à l'étranger en saison. M. Serhan reconnaît la difficulté d'intégrer et de former de nouveaux employés dans le peu de temps qui reste avant la réouverture. Il demeure néanmoins optimiste, observant que les premiers mois suivant la réouverture ne connaîtront peut-être pas d'afflux touristique, ce qui laissera du temps pour se préparer.

L'attrait de meilleurs salaires à l'étranger reste le moteur incontestable de cette migration de main-d'œuvre. Si le tourisme est depuis longtemps un pilier de l'économie vanuataise, la question de la répartition équitable de ses retombées demeure. Un ancien employé du secteur, qui préfère garder l'anonymat, souligne les écarts de rémunération : 220 VT de l'heure au Vanuatu, contre 25 dollars de l'heure en Australie. De tels témoignages posent des questions pressantes sur les bénéfices économiques du tourisme et sur ceux à qui ils profitent réellement. Alors que le gouvernement s'emploie à redynamiser le secteur, ces enjeux appellent une réflexion approfondie et des mesures concrètes.

L'article original est disponible sur le site du Vanuatu Daily Post : https://www.dailypost.vu/news/the-challenge-to-replace-skilled-tourism-workers/article_78fe48a9-2413-5c5e-b21a-68b9bfa32830.html

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